Center for Border Town Research
La contrebande dans la réserve transfrontalière Akwesasne entre le Canada et les Etats-Unis, Pierre-Alexandre Beylier

Si les villes-frontières sont marquées par leur proximité et leurs liens avec une frontière internationale, certaines se trouvent dans une situation exceptionnelle, littéralement sur une frontière. C’est principalement ce qui se passe lorsqu’une frontière est « surimposée » (Pradeau, 1993), c’est à dire lorsqu’elle a été instaurée après le peuplement d’une région et qu’elle est donc venue diviser une communauté.

En Amérique du Nord, les exemples sont nombreux, notamment, avec les populations autochtones qui vivaient sur le continent avant l’arrivée des Européens et l’importation du concept européen de frontière. C’est le cas de la réserve Mohawk d’Akwesasne qui jouit d’une situation géographique particulière: à cheval entre les Etats-Unis et le Canada.

Séparée par une frontière internationale mais également par une limite intra-provinciale, (entre l’Ontario et le Québec), cette communauté se trouve au carrefour de plusieurs juridictions, ce qui, combiné avec son caractère transfrontalier mais également les spécificités liées à son statut de réserve autochtone ont fait d’elle une porte d’entrée privilégiée pour la contrebande et, plus largement, pour le crime organisé.

Cet article publié dans le numéro 29 de « Territoires en mouvement » et co-écrit avec Guillaume Poiret, maître de conférences en géographie à l’Université Paris Est-Créteil, analyse les enjeux entourant cette communauté frontalière particulière et tente de dresser, à partir d’une étude statistique, le profile-type (âge, sexe, ville d’origine) des criminels arrêtés à la frontière, qui exploitent les failles juridictionnels de cette réserve autochtone.

Lien vers l’article complet: https://journals.openedition.org/tem/3238